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Marocaines, musulmanes et lesbiennes, l'amour qui dérange

 
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Libertine
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Pour quelle raison vous vous êtes inscrite ici ?: je suis l'admin --'

MessagePosté le: Mar 3 Nov - 20:19 (2009)    Sujet du message: Marocaines, musulmanes et lesbiennes, l'amour qui dérange Répondre en citant

c est l artcle qui est sortie sur perspective du maghreb :

Elles sont marocaines, musulmanes croyantes ou pratiquantes et lesbiennes. Elles assument leur homosexualité dans une société qui, selon l’humeur, les tolèrent ou les chassent. Jeunes étudiantes ou femmes d’affaires brillantes, elles racontent comment elles vivent ce choix et comment elles assument le regard des autres. Souvent stigmatisées, fréquemment traitées de pervers, de malades mentales, d’impies ou de coureuses de jupons, c’est avec optimisme qu’elles voient leur avenir au Maroc et qu’elles poursuivent leur combat pour faire valoir leur droit d’exister.

Dès le départ, le ton est donné. Ces filles n’acceptent que de parler à condition qu’on cesse de les voir comme des bêtes curieuses. Sara raconte qu’elle en a assez de subir les clichés que la société marocaine a de l’homosexualité et plus particulièrement de l’homosexualité féminine. « Je suis une femme qui aime les femmes. Je suis née comme ça et je ne crois pas déranger qui que ce soit. Seulement voilà aujourd’hui j’ai appris à me taire car dès que je révèle mon orientation sexuelle, les gens changent de comportement. À la limite si c’est dans la vie de tous les jours, cela ne me dérange pas, je m’applique à préserver ma vie professionnelle. Dans ce milieu si on venait à le savoir, je ne serais plus la brillante responsable de communication mais la gouine incapable de faire son travail sans lorgner le décolleté des clientes. » Ghita une jeune étudiante de 20 ans qui habite à Marrakech confirme ce fait.
« Même si à Marrakech l’homosexualité est tolérée, je me garde bien d’informer mes copains de classe sur ce que je suis vraiment. Il s’agit de se préserver malgré le fait que dans cette ville une femme qui embrasse ou qui fait l’amour avec une autre femme est tout à fait banale. D’ailleurs j’ai deux amies lesbiennes qui vivent ensemble et tout le monde le sait sans que ça ne gêne personne. »
Nocturna, une jeune Marocaine de 22 ans, adepte des forums sur Internet, comme lesbiennes du Maroc, un site de discussion créé en France pour les homosexuelles marocaines, refuse de révéler son lieu de travail. « Nous n’avons plus confiance aux journalistes depuis les évènements de Ksar El Kébir. Le journal qui a fait éclater ce soi-disant scandale devrait être jugé car il a retourné toute une population contre des gens comme nous. Nous en avons assez de la peur ou de la haine qu’on nous porte. Cela nous a fait trop de tort, je suis
e, je ne peux pas prendre ce risque. » Il est vrai que depuis ces évènements et la montée des islamistes, la communauté Gay craint pour sa survie. Nocturna raconte comment leur projet de monter une association 100% lesbiennes, un peu comme à l’image de Kif Kif destiné aux homosexuels masculins, a capoté. « Nous avons trop peur que cela dégénère. On a littéralement lynché ces hommes lorsqu’ils ont décidé de faire une simple fête entre amis, alors imaginez que l’on monte un organisme pour faire valoir nos droits, on n’est pas à l’abri de kamikazes ou d’extrémistes qui pratiquent la chasse aux homos comme un hobby. Nous espérons le créer plus tard, quand les tensions se seront calmées. D’ailleurs avant même de songer à ce projet, nous voulions organiser une antenne gay au sein d’Amnesty International, on nous a clairement répondu non. Nous vivons selon l’humeur de la société». En effet, dans les années 60 et 70, parler d’homosexualité n’était pas un
. Combien d’auteurs marocains avaient clairement affiché leurs penchants sexuels ou avaient abordé ce thème ! Tahar Benjelloun, Abdelah Taïa ou encore Mohammed Choukri, tous en ont déjà parlé au moins une fois, que cela soit dans leurs œuvres littéraires ou dans la vie de tous les jours. « Les années de plomb ont certes été très néfastes pour les homosexuels, mais, je crois que c’était un mal qui concernait tout le monde. Depuis la fin de cette ère, cela va bien mieux pour tout le monde, homos ou hétéros, même si de temps en temps nous avons des périodes moins gaies. » Rajoute t-elle. Le grand problème en fin de compte pour ces filles et de faire valoir leurs droits d’exister, de vivre comme n’importe quelle personne au Maroc.

Des réflexions partagées
Dans ce forum pour lesbiennes, les discussions autour de l’homosexualité dans le Royaume sont les sujets de prédilections, les témoignages et les réflexions fusent bien plus que les demandes de rencontres. « Nous ne sommes pas spécialement focalisée là-dessus, même si chacune d’entre nous a une vie personnelle. Nous voulons d’abord nous en sortir professionnellement et économiquement car si vous n’avez rien et que vous n’êtes rien, vous ne pouvez pas faire votre Coming out. Une fois que vous avez tout ça en main, alors seulement vous pouvez assumer ce que vous êtes dans ce pays». D’ailleurs, lorsqu’on parcourre le site, le coming out, c’est-à-dire, révéler son homosexualité en plein jour est des thèmes phares. On affiche clairement la couleur. « Se taire, se cacher et mentir semble être la seule alternative pour se protéger des réactions négatives - réelles ou supposées - de l'entourage. Mais lassé(e)s du mensonge, certains de nous se posent la question du "coming out" c’est-à-dire d'informer leur entourage de leur préférence affective et sexuelle. » Les témoignages, et ils sont nombreux brossent un tableau noir de leur condition. Une fille de Rabat, qui vit en couple écrit : « je pense que c’est une mauvaise idée d’informer l’entourage ! peut-être le cercle d’amis à la rigueur, ils peuvent te comprendre ! mais la famille, les parents, j'en doute fort ! déjà la sexualité au sein de notre famille est un sujet
. Le fait d’évoquer ce sujet créé des tensions ! alors affirmer une orientation sexuelle ! je pense qu’on est encore loin de ça ! faudra bien un lavage de cerveau à toute la société pour laisser tomber les stéréotypes. » Une autre lesbienne d’Agadir partage cet avis : « Ah Moi je viens de le dire à mon meilleur ami, et lui il m'a tout à fait comprise et ne m’a pas jugé du tout. J'ai peur de le dire à ma meilleure amie parce qu’elle est un peu vieux jeux et je l’aime tellement (amicalement bien sûr) Je ne veux pas la perdre ..
Puis dans deux ou trois ans, Je ferai mon COMING-OUT , j'attends de devenir un petit peu indépendante, comme sa personne ne me forcera la main!! ». D’autres, au contraire, n’hésitent pas à l’afficher clairement : « Je me sens toute bizarre!!! j'avais aujourd'hui un exposé sur la beauté, et sans l'avoir prévu, j’ai fait mon coming out devant ma classe et mon prof de psychosociologie. De l'art! le prof était surpris que mes diapos ne contenaient que des photos de femmes, comme exemple de beauté, et il m’a demandé pourquoi je ne parlais pas de la beauté masculine. Sans me rendre compte j’ai répondu parce que le corps de l'homme est banal et ne m'intéresse pas, alors que le corps de la femme est beau par nature et il me plait plus. Tout le monde a compris, surtout à la fin de ma présentation. Quand le prof m’a demandé de lui parler de mon genre de femme et de mon canon de beauté, j’ai été surprise et un peu gênée, mais je n’ai pas pu m'empêcher de me laisser aller. Tout le monde l'a bien pris! et tous, étudiants et professeur sont venus me parler chacun seul à seul à la fin du cour pour me féliciter pour ma franchise et mon "audace". J’en suis encore bouche bée car je ne m'attendais pas à faire mon coming out ainsi à la fac en plein cours. » Même si cela demeure
, certaines femmes osent le déclarer à leur famille ou d’autres laissent des indices afin qu’il n’y ait plus de doute possibles sur leurs affinités sexuelles. Très souvent, les mères s’en rendent compte et comprennent leurs filles. Ghita raconte que sa mère sait qu’elle est homosexuelle depuis toujours et qu’elle lui a franchement raconté sa première expérience. Nocturna raconte que sa mère s’en doute même si elles n’en parlent pas encore. Certaines osent le dire clairement, parfois avec violence, pour que ce soit plus facile et paraître plus forte devant les premières personnes qui leur tienne à cœur et qu’elles n’ont pas envie de perdre. Dina, une femme de 43 ans rencontrée grâce aux sites de rencontres gay tels que gayvox, mon bled ou encore 123 love, raconte qu’elle a fait son coming out car elle ne pouvait plus se cacher. « Je lui ai dit que c’était mieux d’avoir une fille lesbienne, qu’un fils pédé. Depuis on en parle plus. Quant au boulot, tout le monde le sait et je me fiche royalement des qu’en-dira-t-on. » D’autres, comme le retranscris bien ces témoignages, n’ont pas cette chance. Beaucoup d’autres thèmes sont abordés dans ce forum, avec un grand intérêt pour l’homosexualité en tant que liberté. Une femme de Méknes trouve que cette liberté n’est malheureusement pas encore gagnée mais qu’il faut se donner les moyens de l’acquérir et là, les politiques ne sont pas épargnés par les critiques. « Il y a beaucoup de mythes au Maroc! Pour nous les amazigh, il y a quelques années on ne pouvait pas imaginer qu'il y ait quoique ce soit pour nous! mais de combat en combat, déclarations, sit-in, emprisonnements, on a gagné quelque chose, (1%) mais au moins maintenant notre cause se discute librement. Avant c'était pire personne ne pouvait en parler dans un meeting (particulièrement avec le parti de l'Istiqlal c'était impossible) et cela faisait rire tout le monde. Maintenant on existe!
On n’a pas nos droits! on est là pour les défendre!
Ce serait donc pas un mythe pour que l’homosexualité soit reconnue. Les choses viendront doucement! pas à la vitesse que vous voudriez mais, dès que le sujet sera abordé, et que les détracteurs parleront de vous dans la presse ce sera déjà un 1er pas! ». D’autres, plus pessimistes lui répondent : « Déjà pour ouvrir la porte aux négociations, cela va être dur. La culture amazigh c’est quelque chose de différent ! ici, on voit l'homosexualité comme quelque chose de péché (se referant a la religion) comment pourrait-on obtenir des résultats avec une telle société enracinée dans les coutumes ? Pour s'exprimer librement et s’affirmer, il faudrait que notre état devienne laïque. »

Islam et homosexualité
Ces réflexions reviennent souvent. La séparation entre la religion et l’état est-ce leur souhait le plus cher, tout simplement parce qu’être gay dans un pays musulman est un pêché passible de prison. Même si les femmes sont plutôt épargnées par cette loi, une épée d’Amoclès reste éternellement au-dessus de leurs têtes. Cette menace les incommodes et les empêche de vivre leur vie comme elles l’entendent, tout comme être considérées comme le diable en personne, les chagrine. Car, la plupart d’entre elles sont malgré tout, croyantes voir même pratiquantes. Kamélia en a assez que l’on considère l’Islam et homosexualité comme deux entités incompatibles. « Je suis croyante, je fais ramadan. Même si les religions nous rejettent parce que nous sommes gays, je reste une musulmane qui croit en son Dieu. Personne n’a le droit de me juger. Je me passe de la justice des hommes et attend la justice divine. Je ne pourrai rendre que des comptes à Dieu. » Sara acquiesce et semble très remontée contre les femmes voilées qui, selon elle, « cachent bien leur jeu ». « Je ne me suis fait draguer plusieurs fois par des femmes voilées. Elles sont juste au-dessus de tous soupçons parce qu’elles disent obéir aux prêches de l’Islam. Moi je ne fais pas semblant, j’affiche ce que je suis mais à en croire la société, il vaut mieux être hypocrite. » Dina raconte que le comble de l’hypocrisie, sont les femmes mariées. « J’en fais une fixation » avoue t-elle « elles se laissent littéralement séduire car beaucoup d’entre elles ne sont pas satisfaites par leurs maris ».

L’amour au féminin
À tous ces problèmes, s’ajoute celui de pouvoir rencontrer l’âme sœur. Myriem, jeune avocate avoue renoncer à toute vie intime au Maroc. « J’attends d’aller en Europe pour pouvoir rencontrer d’autres filles comme moi. Les gens pensent que c’est facile pour nous d’être homosexuelles, or c’est loin d’être évident. Il n’y a aucun endroit pour nous à part des bars très mal fréquentés ou aucune lesbienne sensée n’y mettra les pieds. » En effet, ces bars, connus du monde gay et lesbien de tout le Maroc sont plus des repères de prostitution et de perversion. Ils sont connus sous les noms de « Village » à Casablanca ou encore « les deux palés » ou « Dilema » à Rabat. Des endroits connus par les autorités qui n’ont rien à envier aux maisons closes ou autres endroits de débauche. « Nous voulons justement que les gens cessent de penser que nous sommes comme ces prostitués (e) s. Nous ne fréquentons pas ces lieux même si nous les connaissons. Les personnes qui s’y trouvent sont infréquentables. Il existe beaucoup de bars où il y existe beaucoup de prostitution pour les hétéros et, que je sache, tous les hétéros ne s’adonnent pas à ce genre d’activité alors pourquoi penser que tous les homos sont comme ceux que l’on trouve dans ces endroits sordides ? » demande Kamélia. La majorité du temps, les rencontres se font par Internet, mais, elles non plus ne sont pas à l’abri de faire des mauvaises rencontres. Jihane raconte que le phénomène de la bisexualité, très souvent considéré comme une mode ou une tendance par ces femmes, engendre des mauvaises surprises à l’heure de concrétiser une relation. Wissal raconte qu’elle est tombée sur des filles vierges qui désiraient une lesbienne juste pour se procurer des sensations sexuelles, sans perdre sa précieuse membrane. Nocturna avoue aussi que certaines s’inscrivent juste pour « savoir ce que ça fait de coucher avec une fille ». « Nous sommes désolées de ce qui arrive, nous ne condamnons pas la bisexualité, mais cette mode nous fait du tort car à cause de ça, tout le monde à l’impression que nous sommes des coureuses de jupons. Or le sexe n’est pas ce qui nous intéresse le plus. Nous pouvons rester en couple pendant des mois sans nous toucher. Même si il y a des filles qui sont ensemble rien que pour le sexe, nous sommes d’abord des gens très affectifs. » Ainsi, pour bien se rencontrer, ces filles adoptent des codes entre elles, parfois vestimentaires, de manière à ce qu’elles puissent se rencontrer en toute simplicité dans des lieux publics. Un piercing au sourcil droit, une bague au pouce de la main droite ou un t-shirt
peut ainsi être considéré comme un code pour dire qu’on est une femme qui aime les femmes. D’autres codes cette fois verbaux sont employés par les gays pour se reconnaître entre eux. Les hommes ont l’habitude d’employer le terme « jrahim » un diminutif de « jma3 rassak » afin d’éviter d’attirer l’attention entre eux. D’autres préfèrent ne pas obéir à un langage ou à un style quelconque et préfèrent aller au culot. Dina raconte. « Quand je vois une fille qui me plait dans un café, je vais la voir franchement et je lui demande son numéro de téléphone. Parfois ça marche. Je sais que c’est risqué mais autrement on sort entre nous et c’est un cercle vicieux dans lequel nous ne voulons pas tomber car il est répugnant ». Leur vision de l’avenir, malgré toutes ces difficultés et tous ces préjugés, est bonne. Sans s’imaginer que les homos auront le même statut que dans certains pays d’Europe, elles espèrent tout simplement une évolution de la société qui leur permettra d’améliorer leur vie. « Nous ne voulons pas partir du Maroc comme beaucoup l’on fait, nous voulons rester ici, rencontrer nos femmes ici et nous battre dans ce pays pour que l’on puisse enfin reconnaître nos droits. Si nous commençons tous à déserter, rien ne pourra changer. »


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MessagePosté le: Mar 3 Nov - 20:19 (2009)    Sujet du message: Publicité

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Inscrit le: 31 Oct 2009
Messages: 18
Pour quelle raison vous vous êtes inscrite ici ?: participer

MessagePosté le: Mer 11 Nov - 12:30 (2009)    Sujet du message: Marocaines, musulmanes et lesbiennes, l'amour qui dérange Répondre en citant

ça fait plaisir tout ça ^^

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